À Genève, les autorisations de séjour sont traitées par l'Office cantonal de la population et des migrations (OCPM), l'office cantonal des migrations. Ce qui distingue Genève, c'est sa population : environ deux habitants sur cinq ne sont pas suisses, le canton accueille une importante communauté internationale, et plus de 110 000 frontaliers y travaillent. Les procédures se font en français, une demande standard prend environ dix semaines selon le canton, et les étrangers peuvent voter sur les affaires communales après une durée minimale de résidence.
En bref
- Votre office : l'OCPM, pour tout le monde sauf le personnel diplomatique et consulaire, qui relève du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). Coordonnées et guichet en ligne e-démarches : https://www.ge.ch/organisation/office-cantonal-population-migrations-ocpm
- Langue : le français. Le regroupement familial depuis un État tiers demande A1 (oral) ; le permis C anticipé, en règle générale, B1 (oral) et A1 (écrit).
- Organisations internationales : leur personnel reçoit une carte de légitimation du DFAE, qui n'est pas une autorisation au sens de la LEI. Les conjoints et enfants qui travaillent obtiennent un permis Ci de l'OCPM.
- Délais de recours : en général 30 jours à chaque étape, de l'OCPM jusqu'aux tribunaux cantonaux.
- Vote communal : les étrangers peuvent voter au niveau communal après une durée minimale de séjour en Suisse et dans le canton.
Qui vit à Genève
Environ un demi-million de personnes vivent à Genève, et environ deux sur cinq n'ont pas la nationalité suisse, bien au-dessus de la moyenne nationale. Cela comprend les résidents permanents avec permis B, C et L et les résidents non permanents : titulaires d'un permis Ci, personnes en procédure d'asile et personnel diplomatique et des organisations internationales (OI) avec une carte de légitimation. Pour des chiffres actuels, consultez l'Office cantonal de la statistique (OCSTAT) et l'Office fédéral de la statistique (OFS).
Genève est l'un des principaux centres mondiaux d'organisations internationales, dont l'Office des Nations Unies à Genève (ONUG), l'OMC, le CICR et la FICR, l'UIT, l'OMPI, l'Alliance GAVI, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, l'OIT, le HCDH, le HCR, la CNUCED, l'OMS (siège mondial), l'OMM, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Centre du commerce international (ITC). Environ 250 ONG internationales y sont aussi établies. Elles n'ont pas le statut d'OI, mais leur personnel a souvent besoin de visas ou de régimes de séjour particuliers.
Trois mondes juridiques côte à côte
- Personnel diplomatique et des OI : le DFAE délivre une carte de légitimation selon la loi sur l'État hôte (LEH, RS 192.12), l'ordonnance sur l'État hôte (OLEH, RS 192.121) et les accords de siège. Ces personnes ne sont pas soumises à la loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI, RS 142.20).
- Autorisations cantonales : permis Ci pour les membres de la famille, permis B et C ordinaires pour les personnes qui restent après la fin d'un emploi dans une OI, et permis B et C pour tous les autres. Ils relèvent de la LEI et de l'OCPM.
- Frontaliers : titulaires d'un permis G qui vivent en France (Pays de Gex, Haute-Savoie) ou dans le canton de Vaud et travaillent à Genève. Les ressortissants de l'UE/AELE relèvent de l'Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP, RS 0.142.112.681), ceux des États tiers de la LEI. Les chiffres trimestriels figurent dans la statistique des frontaliers de l'OFS (STAF).
Une même famille peut réunir plusieurs statuts : un parent avec une carte de légitimation, le conjoint avec un permis Ci, les enfants avec des cartes de légitimation, et un enfant adulte qui commence à travailler avec un permis B après ses études.
L'organisation de l'OCPM
L'OCPM est divisé en sections. Adresser votre demande à la bonne vous fait gagner du temps :
- Section Étrangers : la plus grande. Permis B, C, L et G, renouvellements, changements de statut et regroupement familial.
- Section Organisations internationales : permis Ci, passage d'une carte de légitimation à une autorisation ordinaire à la fin d'un emploi dans une OI, et autres séjours liés aux OI. Seul Genève a une telle section.
- Section Asile : asile et renvoi selon la loi sur l'asile (LAsi, RS 142.31), et coordination avec les centres fédéraux pour requérants d'asile.
- Section Naturalisation : naturalisation cantonale et communale selon la loi sur la nationalité suisse (LN, RS 141.0), le droit cantonal et les règles communales.
- Section Régularisation : demandes pour cas de rigueur selon l'art. 30 al. 1 let. b LEI de personnes sans statut légal (sans-papiers), et suites de l'opération Papyrus (2017 à 2018).
L'organisation peut changer après une restructuration : vérifiez la page de l'OCPM.
Contact et services en ligne
L'adresse de l'OCPM, les numéros de téléphone, les adresses e-mail par section, les horaires des guichets et les accès en transports publics changent régulièrement. Consultez toujours la page officielle indiquée plus haut. Le guichet e-démarches permet de lancer de nombreuses démarches en ligne, comme les renouvellements, les changements d'adresse et certaines premières demandes, et d'autres s'y ajoutent.
Comment Genève applique les règles
La langue
Pour un permis B par regroupement familial depuis un État tiers, et pour certains renouvellements, Genève exige le français au niveau A1 (oral) du Cadre européen commun de référence. Pour le permis C anticipé après cinq ans au lieu de dix (art. 34 al. 4 LEI avec les règles linguistiques de l'OASA, RS 142.201), le minimum fédéral est en règle générale B1 (oral) et A1 (écrit) en français. Atteindre ces niveaux ne garantit pas l'autorisation : l'autorité dispose d'une marge d'appréciation et examine aussi les autres critères d'intégration.
Le passeport des langues fide en français est accepté, de même que les diplômes et certificats énumérés dans l'OASA. Sur certains points, la pratique cantonale peut être plus stricte ou plus souple que le minimum fédéral, et les directives du SEM ont été mises à jour depuis janvier 2024 : vérifiez ce qu'il vous faut auprès de l'OCPM avant de déposer votre demande.
La convention d'intégration
Selon l'art. 58b LEI, le canton peut conclure une convention d'intégration avec des ressortissants d'États tiers qui présentent des lacunes d'intégration. Genève l'utilise de manière moins systématique que Vaud, en général quand un renouvellement révèle des lacunes en langue, en emploi ou dans le respect de la sécurité et de l'ordre publics.
Les cas de rigueur
La pratique genevoise en matière de cas de rigueur est souvent décrite comme relativement ouverte, mais cela ne vous donne aucun droit ni aucune garantie. L'OCPM examine chaque cas selon l'art. 31 OASA : intégration, situation familiale, finances, durée du séjour, santé et possibilités de réintégration dans votre pays d'origine. Une décision positive doit aussi être approuvée par le SEM (art. 99 LEI).
Le permis C anticipé
Le permis C après cinq ans au lieu de dix (art. 34 al. 4 LEI) suppose une intégration réussie et relève de l'appréciation du canton ; il n'existe aucun droit à l'obtenir. Genève est en général décrite comme prudente, mais aucun taux d'octroi fiable n'est publié. Les facteurs clés sont le niveau de langue plus élevé, l'indépendance financière sans aide sociale et le respect de la sécurité et de l'ordre publics. Les dettes ne sont pas un motif de refus distinct, mais elles entrent dans l'évaluation globale de l'intégration, selon leur montant, leur cause et la manière dont vous les remboursez.
Le regroupement familial
Pour les membres de la famille venant d'États tiers (art. 43 à 47 LEI), l'OCPM vérifie que vous disposez de revenus suffisants et stables, d'un logement approprié, que vous ne dépendez pas de l'aide sociale et que les compétences linguistiques requises sont atteintes. Il applique les normes fédérales et, pour juger du logement, tient compte du marché genevois très cher. Cela ne le rend pas plus généreux : chaque cas est examiné individuellement.
Les enfants peuvent vous rejoindre jusqu'à 12 ans, dans un délai de cinq ans dès la naissance du droit ; pour les enfants de plus de 12 ans, le délai est de douze mois (art. 47 al. 1 LEI avec art. 73 OASA). Pour les demandes tardives, l'OCPM examine s'il existe des raisons familiales majeures (art. 47 al. 4 LEI), selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, par exemple l'ATF 137 I 284.
Séparation et divorce
Si vous vous séparez d'un citoyen suisse ou d'un titulaire de permis C, ou divorcez, l'art. 50 LEI s'applique. Vous pouvez garder votre autorisation après un mariage d'au moins trois ans si vous êtes bien intégré (art. 50 al. 1 let. a LEI), ou pour des raisons personnelles majeures comme la violence conjugale (art. 50 al. 1 let. b LEI). La Section LAVI cantonale coordonne le soutien aux victimes de violence conjugale avec l'examen en droit des étrangers. Voir divorce et autorisation de séjour (art. 50 LEI).
Le permis Ci et les organisations internationales
Le permis Ci est destiné aux membres de la famille, c'est-à-dire aux conjoints et enfants mineurs, des titulaires d'une carte de légitimation du DFAE, lorsqu'ils veulent travailler ou se former en Suisse. Il repose sur la LEH et l'OLEH.
Ne confondez pas les deux documents :
- La carte de légitimation est délivrée par le DFAE à l'employé de l'OI (fonctionnaire, délégué, personnel sous contrat) et à sa famille. Elle repose sur les privilèges et immunités du droit international, dont la Convention de Vienne, et sur la LEH. Ce n'est pas une autorisation de séjour au sens de la LEI.
- Le permis Ci est une autorisation de séjour cantonale selon la LEI et l'OASA qui permet aux membres de la famille de travailler ou de se former. Il est délivré par la Section Organisations internationales de l'OCPM.
La différence compte pour l'impôt, les assurances sociales, le regroupement familial et votre parcours vers l'établissement. Voir le permis Ci pour les membres de la famille du personnel des OI.
À la fin de l'emploi dans une OI
Quand l'employé de l'OI prend sa retraite, que son contrat prend fin ou qu'il quitte le monde des OI, la carte de légitimation tombe, et le permis Ci avec elle. Vous devez alors demander rapidement une autorisation ordinaire, en général un permis B. Un délai d'environ 90 jours est souvent évoqué, mais le délai exact dépend de votre situation : vérifiez-le à l'avance auprès de la Section Organisations internationales ou du DFAE.
Beaucoup de familles dans cette situation vivent à Genève depuis dix, quinze ans ou plus, avec des enfants scolarisés ou déjà naturalisés. Une demande pour cas de rigueur selon l'art. 30 al. 1 let. b LEI entre souvent en jeu, et Genève accorde en général du poids à une longue intégration, toujours au cas par cas.
Sans-papiers et opération Papyrus
De février 2017 à décembre 2018, Genève et le SEM ont mené l'opération Papyrus, une régularisation encadrée de sans-papiers intégrés et présents de longue date. Les critères comprenaient au moins cinq ans en Suisse pour les familles ou dix ans pour les personnes seules, l'indépendance financière, l'absence de casier judiciaire, un français suffisant et des enfants intégrés à l'école. Environ 2 390 personnes ont été régularisées.
Papyrus était une opération unique. Les sans-papiers déposent désormais une demande individuelle par la procédure ordinaire du cas de rigueur (art. 30 al. 1 let. b LEI avec art. 31 OASA). Les critères de Papyrus gardent une certaine influence indirecte, mais ne sont pas contraignants. Pour un conseil, adressez-vous au Centre de contact Suisses-Immigrés (CCSI) ou au Collectif de soutien aux sans-papiers de Genève.
L'asile
La région d'asile de Suisse romande compte des sites à Boudry (NE), à Vallorbe (VD) et à Genève, dont le centre de l'aéroport de Genève pour les demandes déposées à l'arrivée. La phase préparatoire est régie par l'art. 26b LAsi, et la procédure accélérée, menée dans le centre fédéral, par l'art. 26c LAsi.
Si votre dossier passe en procédure étendue (art. 26d LAsi), le SEM vous attribue à un canton selon sa clé de répartition (art. 27 LAsi). Genève en prend une part proportionnelle à sa population. Vous vivez alors dans le canton et vous y êtes enregistré, et la représentation juridique passe en général du service fédéral à un bureau cantonal de conseil juridique.
Le conseil et la représentation juridiques gratuits sont régis par les art. 102f ss LAsi. À Genève, ils comprennent le CSP Genève (Centre social protestant, membre du réseau de l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés), ELISA-Asile et Caritas Genève. Pour une liste complète et à jour, adressez-vous à l'OSAR ou au SEM. Voir le glossaire de la loi sur l'asile.
Délais de traitement
Ce sont des ordres de grandeur tirés de l'expérience, pas des délais garantis. Selon le canton, une demande standard prend environ dix semaines.
| Procédure | Durée indicative |
|---|---|
| Premier permis B (regroupement familial, travail) | 4 à 12 semaines |
| Renouvellement du permis B | 2 à 6 semaines |
| Permis C ordinaire (après 10 ans) | 4 à 12 semaines |
| Regroupement familial (État tiers) | 8 à 16 semaines |
| Cas de rigueur (art. 30 al. 1 let. b LEI) | 6 à 12 mois |
| Naturalisation (communale, cantonale et fédérale) | 18 à 36 mois au total |
| Recours au TAPI | 6 à 18 mois |
L'approbation du SEM (art. 99 LEI) n'est pas comprise et peut ajouter des semaines, voire des mois.
Ce qui ralentit les choses
- Documents manquants : l'OCPM vous en demandera d'autres, ce qui coûte plusieurs semaines à chaque fois.
- Approbation du SEM : nécessaire dans certains cas (art. 85 al. 2 et art. 86 OASA ; art. 99 LEI).
- Certificats de langue tardifs : votre dossier attend en pratique jusqu'à leur envoi.
- Contrôles de sécurité et de casier judiciaire : si vous avez vécu dans plusieurs pays ou devez obtenir des extraits de l'étranger, cela peut ajouter des mois.
- Dossiers liés aux OI : ils demandent souvent une coordination avec la Mission permanente du DFAE.
Il n'existe pas de procédure accélérée formelle. Dans les cas justifiés, vous pouvez écrire pour demander où en est votre dossier une fois la durée indicative dépassée, ou signaler une urgence réelle, comme une date d'entrée en fonction prévue dans votre contrat ou l'inscription scolaire d'un enfant. En dernier recours, vous pouvez recourir au TAPI pour déni de justice ou retard injustifié selon la loi genevoise sur la procédure administrative (LPA-GE), de préférence avec un avocat.
Conseils pour votre demande
- Envoyez un dossier complet. En général : une copie couleur de votre passeport, un justificatif de domicile, un certificat de langue, des extraits de casier judiciaire de votre pays de résidence et de chaque pays où vous avez vécu au cours des dix dernières années, des justificatifs de revenus et, le cas échéant, votre contrat de travail. Un dossier complet peut faire gagner plusieurs semaines.
- Traductions et apostilles. Les documents en langue étrangère doivent en général être accompagnés d'une traduction certifiée en français ou en allemand et, si nécessaire, d'une apostille selon la Convention de La Haye sur l'apostille. Les exigences dépendent du pays d'émission.
- Utilisez e-démarches si vous avez déjà des données d'enregistrement genevoises valables ; c'est souvent plus rapide que la poste.
- Annoncez un déménagement dans les 14 jours. Un déménagement à l'intérieur du canton s'annonce à l'office de la population de votre commune, qui informe l'OCPM. Si vous venez d'un autre canton, vous devez vous annoncer à votre commune genevoise dans les 14 jours.
- Annoncez un nouveau passeport. Si vous renouvelez votre passeport alors que vous avez un permis B, C, Ci ou L, informez l'OCPM pour qu'il mette à jour votre titre de séjour. Il ne vous faut pas de nouvelle autorisation.
Le droit de vote communal
Selon la constitution genevoise (Cst-GE), les étrangers peuvent voter et participer aux élections au niveau communal, c'est-à-dire élire le Conseil municipal et voter sur les objets communaux, une fois qu'ils ont vécu une durée minimale en Suisse et dans le canton. Vérifiez les conditions exactes dans la Cst-GE et ses règles d'application. Ce droit date d'une révision constitutionnelle de 2005. L'éligibilité et le vote cantonal et fédéral restent réservés aux citoyens suisses. Des règles semblables existent dans le Jura, à Neuchâtel, dans le canton de Vaud et à Fribourg.
L'impôt
La charge fiscale genevoise est en général décrite comme supérieure à la moyenne ; pour des chiffres, adressez-vous à un conseiller fiscal ou à l'administration fiscale cantonale.
- Impôt à la source : si vous travaillez sans permis C, par exemple comme ressortissant d'un État tiers avec un permis B, l'impôt est en général retenu à la source sur votre salaire. C'est un impôt cantonal, harmonisé par la loi sur l'harmonisation des impôts directs (LHID, RS 642.14) et appliqué selon le droit fiscal genevois. Au-delà d'un revenu brut annuel de CHF 120 000, une taxation ordinaire suit automatiquement ; en dessous, la retenue est normalement définitive, mais vous pouvez demander une taxation ordinaire.
- Personnel des OI : les titulaires d'une carte de légitimation qui travaillent pour une OI sont en général exonérés de l'impôt fédéral, cantonal et communal sur leur salaire de l'OI, selon l'accord de siège et la LEH. Les autres revenus, comme les loyers, les placements ou un travail hors OI, peuvent être imposables.
- Membres de la famille avec permis Ci : une erreur fréquente. Les revenus propres du titulaire du permis Ci sont imposés normalement à Genève, à la source ou par taxation ordinaire. L'exonération de l'employé de l'OI ne s'étend pas à eux.
- Les frontaliers venant de France relèvent de l'accord du 11 avril 1983 entre la Suisse et la France sur l'imposition des rémunérations des travailleurs frontaliers : Genève reverse à la France une partie de l'impôt perçu. Les frontaliers d'autres États de l'UE relèvent des conventions de double imposition applicables.
Pour les questions fiscales, adressez-vous à l'Administration fiscale cantonale (AFC) de Genève, via www.ge.ch, ou à un conseiller fiscal qualifié.
Le permis frontalier G
Plus de 110 000 frontaliers travaillent à Genève, surtout depuis le département de l'Ain (Pays de Gex) et la Haute-Savoie, et certains depuis le canton de Vaud.
- Base légale : l'ALCP pour les ressortissants de l'UE/AELE ; l'art. 35 LEI pour les ressortissants d'États tiers, qui doivent aussi avoir un droit de séjour durable dans l'État voisin et vivre dans sa zone frontalière depuis au moins six mois (art. 35 al. 1 LEI).
- Traitement : la Section Étrangers traite les demandes de permis G. Avec un dossier complet, les ressortissants de l'UE/AELE l'obtiennent en général en deux à quatre semaines.
- Validité : en règle générale pour la durée du contrat de travail ; pour un contrat à durée indéterminée, cinq ans, puis renouvellement.
- Retour au domicile : vous pouvez rentrer chez vous chaque jour, ou rester en Suisse pendant la semaine et rentrer au moins une fois par semaine. Si vous restez pendant la semaine, vérifiez les règles d'annonce et d'impôt auprès de l'OCPM et de l'administration fiscale cantonale.
La naturalisation
Il vous faut l'accord à trois niveaux : l'autorisation fédérale de naturalisation (selon la LN et l'ordonnance sur la nationalité, OLN, RS 141.01), le droit de cité genevois et le droit de cité de votre commune.
- Langue : l'art. 12 al. 1 let. c LN exige des compétences linguistiques suffisantes comme critère d'intégration. L'art. 6 OLN fixe le niveau : B1 (oral) et A2 (écrit) dans une langue nationale, à Genève le français. Le passeport des langues fide et les diplômes équivalents énumérés dans l'OLN sont acceptés.
- Audition communale : avant l'entrée en vigueur de la LN révisée le 1er janvier 2018, de nombreuses communes genevoises tenaient une audition devant une commission de naturalisation. Ce n'est plus une étape standard, mais certaines communes peuvent encore en tenir une. Renseignez-vous auprès de votre commune.
- Test de connaissances civiques : le canton peut exiger un test de connaissances civiques sur les institutions, l'histoire et la géographie suisses, cantonales et communales. Il est prévu dans la loi sur la nationalité genevoise (LNat) ; vérifiez les règles actuelles auprès de la Section Naturalisation.
Voir le glossaire de la loi sur la nationalité de 2018.
Les lois genevoises que vous rencontrerez
- LaLEtr (RSG F 2 10) : la loi cantonale d'application de la LEI, qui règle notamment les compétences, la procédure et la convention d'intégration.
- LIASI (RSG J 4 04) : la loi cantonale sur l'aide sociale. Toucher l'aide sociale peut peser sur les renouvellements, les révocations et la naturalisation.
- LNat : la loi cantonale sur la nationalité.
- LPAv (RSG E 6 10) : la loi cantonale sur la profession d'avocat.
Les versions en vigueur se trouvent sur silgeneve.ch.
Contester une décision de l'OCPM
Un refus, une révocation ou une décision de renvoi de l'OCPM peut être contesté par étapes. La décision elle-même indique la voie de droit et le délai.
- Réclamation auprès de l'OCPM, pour certains types de procédure, en général dans les 30 jours dès la notification. Les cas où cette étape s'applique découlent de la LaLEtr et de la LPA-GE.
- Recours au Tribunal administratif de première instance (TAPI), dans les 30 jours selon la LPA-GE.
- Recours à la Chambre administrative de la Cour de justice, là aussi dans les 30 jours.
- Recours au Tribunal fédéral à Lausanne, dans les cas prévus par la loi sur le Tribunal fédéral (RS 173.110, art. 82). En droit des étrangers et de l'asile, il est souvent exclu, et il ne reste que le recours constitutionnel subsidiaire. Vérifiez la recevabilité dans votre cas.
Trouver un avocat
Les avocats admis à Genève figurent au tableau des avocats tenu par la Commission du barreau. C'est l'autorité cantonale de surveillance, compétente en matière disciplinaire selon la LPAv et la loi sur la libre circulation des avocats (LLCA, RS 935.61), y compris pour les règles professionnelles de l'art. 12 LLCA. Ses coordonnées figurent sur justice.ge.ch. L'Ordre des avocats de Genève (ODAGE) est une association professionnelle privée ; l'adhésion est facultative mais courante.
De l'aide en cas de crise
- 142 : ligne nationale contre la violence domestique, jour et nuit, en allemand, en français et en italien. À Genève, elle travaille avec la Section LAVI (aide aux victimes).
- 143 : La Main tendue, jour et nuit, avec une ligne en français pour Genève.
- 147 : Pro Juventute, pour les enfants et les jeunes, jour et nuit.
- Section Régularisation de l'OCPM : questions sur le statut des sans-papiers, pendant les heures de bureau.
- CCSI, Collectif sans-papiers Genève et CSP Genève : conseil social, en matière d'asile et de migration.
